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Articles avec #poesie tag

Enseignements Nietzschéens; Nietzsche et Dieu.

Publié le par Philippe Le Bihan

 

Comme bien souvent pour les grands philosophes, et c'est une tradition antique, leur pensée profonde ne se révèle pas dans leurs écrits théoriques mais plutôt dans leurs romans philosophiques. Ainsi parlait Zarathoustra n'échappe pas à la règle.

D'abord le nom du personnage clef de voûte : Zarathoustra, voyons ce qu'en dit le Larousse : "Zarathoustra ou Zoroastre Iran VII-VI s av. J-C ... Sa réforme, le zoroastrisme, met l'accent sur la transcendance divine et prêche une morale d'action basée sur la certitude du triomphe de la justice". Il s'agit à l'époque d'un culte voué au soleil. Nietzsche choisit donc comme héros un théologien, un croyant.

Cela est significatif de ce que veut dire Nietzsche dans son livre. En effet, Ainsi parlait Zarathoustra est truffé de symboles religieux tant antiques que modernes. D'abord Zarathoustra, ermite, se nourrit de miel. Or l'abeille était vue par les philosophes grecs comme l'insecte qui apportait la lumière divine (le soleil) sous forme de miel sur la bouche des poètes qui ainsi étaient divinement inspirés. D’un autre côté cela nous rappelle Jean le Baptiste annonçant la venue de Jésus. Ensuite il est entouré tout le long du récit de deux animaux : un serpent (symbole de la chute hors d'Éden) et d'un aigle (seul animal réputé savoir regarder le soleil, Dieu, dans les yeux, symbolisant ainsi le retour en Éden).

Zarathoustra est à la quête du surhomme. Il entend dans la forêt un cri qu'il croit être celui du surhomme, il accourt et ne trouve qu'un simple mortel. Et ainsi plusieurs fois. La nuit tombée, il entend formellement le cri du surhomme et le voyant le reconnais comme tel : un lion ! Or le lion est un animal qui dans bien des religions mésopotamiennes et aussi la judéo-chrétienne représente Dieu, le Dieu monothéiste. (Le lion de la Tribu de Juda).

La question qu'on peut se poser est : Friedrich Nietzsche n'a-t-il pas cherché à démontrer que le surhomme était Dieu lui-même et, plus loin, l'homme retrouvé en Éden ; l'homme en communion avec Dieu ?

La seconde question à aborder est celle du Surhomme. Question clef dans l’œuvre de Nietzsche.

Et cela me fait remarquer une chose, c’est que l’éducation biblique a été largement remplacée en Occident par l’éducation aux Comics de super-héros. Ainsi on nous dit « si Dieu existe, pourquoi tant de malheurs dans le monde ? », comme si Dieu avait à intervenir tel Superman, Batman, ou un Jedi.

Mais tous ces super-héros sont-ils des Surhommes au sens Nietzschéen du terme ? Pour être un Surhomme, selon Nietzsche, certes il faut posséder de la force supérieure en quantité et en qualité aux commun des mortels. Être fort, omnipotent, omniscient, omniprésent, immortel même. Mais tout cela ne définit ou ne suffit pas à définir le Surhomme.

J’aurai beau être tout cela que je n’en resterai pas moins un simple humain tant que je n’aurai pas renoncé à la mentalité et aux passions humaines, dont une qui ne peut que tenter un homme doué de telles qualités : le Pouvoir !

C’est peut-être pourquoi Nietzsche ne respectait qu’une seule religion : le bouddhisme. Car le bouddhisme est une religion du renoncement ; renoncement à vouloir et à pouvoir.

Selon Nietzsche on passe de l’étape d’humain « doué » (celui qui possède toutes ces forces en quantité et qualité) à l’étape de Surhomme en renonçant au monde et donc au pouvoir sur le monde. C’est-à-dire qu’on ne cherche plus par ces forces en surnombre à gouverner le destin de l’humanité ni en bien ni en mal ; lorsqu’on se sépare de l’humanité et du monde.

Est donc Surhomme l’extra-terrestre (tant qu’on en a pas rencontré) et/ou Dieu. Devenant Surhomme un humain en deviendrait l’égal de Dieu, c’est-à-dire laisserait l’humanité à elle-même en renonçant à agir tant en bien qu’en mal sur le destin de celle-ci.

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Éponge morte!

Publié le par Philippe Le Bihan

Malheur sur moi! Qu'est-il advenu de ma plume? La voilà que n'inspire plus même la Lune! Et pourtant comme je voudrais écrire encore et encore des mots qui à défaut d'être beaux seraient autant de grelots à mes folies...

Me voilà pris au piège de l'intellectualisme, moi, oui moi qui critiquait les "intellocrates". Mais être intellectuel n'est point être intellocrate me direz-vous peut-être si vous avez un tant soit peu pitié de moi. Certes non, mais c'est être dépossédé de la beauté du Verbe au profit d'un cogito sec et abrupt.

C'est qu'il me manque une raison de ne pas vouloir détruire; donc une raison de vouloir construire. Evidemment: c'est d'une Muse dont je serais la Lune qu'il me manque.

Ah une Muse... C'est que je suis exigeant. Je n'en veux point une imaginaire ni une virtuelle mais bien de chair et d'os et qui sache me corriger, me maltraiter, me fouetter si besoin en est mais aussi me sourire, me regarder, m'embrasser, me faire rire.

On ne peut donner, tel l'éponge, que ce que l'on reçoit. Oui, l'âme n'est qu'une énorme éponge qui absorbe, assoiffé par le désert de sa propre existence, tout ce qu'elle rencontre, tous les mots et tous les maux, toutes les tendresses et tous les coups. Puis, la nuit tombée et bien avancée, le Poète écrase et tord son âme, il en rejette sous forme de vers ou de proses tout ce qu'elle a accumulé.

Devrais-je arrêter de lire ces bouquins théoriques? Pourtant les grecs anciens plaçaient la philosophie et la poésie sous un pied d'égalité, plus encore, comme deux faces d'une même monnaie.

Ou bien mon éponge s'est-elle asséchée au soleil brûlant du nihilisme, du cynisme et du scepticisme?

Que de mots pour définir l'immatériel... Mais quand je tente de parler du matériel, est-ce possible de le faire sans passer par l'immatériel, ne fut-ce que celui de mes sentiments? Et des sentiments, cela est-il aussi immatériel que cela?

Que faire? Abandonner les lectures théoriques pour me plonger dans celle d'un Charles Baudelaire? Mais alors ne serais-je pas tenté de le copier? Quoique pour le copier faut déjà se lever de bonne heure, l'heure à laquelle en général je me dis que je ferais mieux d'aller dormir.

Je crois bien que je suis une éponge morte, qui n'avale ni ne rend!

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