Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #ontologie tag

Considérations sur l'ontologie

Publié le par Philippe Le Bihan

Certains auraient pû me reprocher la "légèreté" de l'article précédent. Pourtant il s'y cache une réelle approche philosophique. Lorsque j'écris que "l'âme n'est qu'une énorme éponge qui ne peut rendre que ce qu'elle a absorbée", c'est décrire le credo même de la maïeutique.

Je ne saurai savoir que ce que je sais déjà! Que je le sache par une étude de ma propre expérience vécue, ou par la lecture d'expériences d'autruits. Ou encore par révélation, un savoir révélé n'étant pas toujours lié à la religion mais pouvant être aussi de l'ordre du vécu.

Il en est ainsi des questions ontologiques. Et d'une qui me vient directement à l'esprit: "pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?". Et surtout ne pas confondre le "pourquoi" avec le "comment". Mais  le "pourquoi" n'est-il pas déjà de trop? "Y a-t-il quelque chose plutôt que rien?" pourrait sonner comme un pamphlet tant la réponse tombe sous le sens. Mais justement que cette réponse tombe sous le sens nous montre que le fait qu'il y ait quelque chose nous est évident, et nous est évident pourquoi? Car cela nous a été révélé dès notre naissance. Nous n'avons pas eu à étudier notre expérience pour le savoir, c'est donc bel et bien une révélation presqu'au sens religieux du terme.

L'existence d'un quelque chose est donc une expérience quotidienne. Reste le second item de la question: "plutôt que rien". Cela a-t-il du sens? Pour que cela ait du sens il faudrait avoir eu l'expérience du rien afin de le définir. De fait le "rien" ne se définit jamais positivement mais négativement: "le rien est l'absence du quelque chose".

Mais quelqu'un a-t-il déjà fait l'expérience de cette absence? Certaines pratiques méditatives (yoga, etc.) permettent d'arriver à se placer dans une sorte d'anéantissement de sa propre existence. Il n'en demeure pas moins que ce qui nous entoure, même dans ces pratiques, le "quelque chose", continue d'être présent, n'est pas absent. Et de fait le "quelque chose" date d'il y a des milliards d'années avant l'apparition du premier être pensant.

Ce qui peut nous amener à la question de savoir s'il y ait jamais eu du "rien", si le "quelque chose" ne serait pas infini, du moins spatialement à tout le moins temporellement. Cela corroborerait l'affirmation d'un Lavoisier qui déclarait que "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme".

Et encore, spatialement infini ou spatialement fini pourraît se trancher par le raisonnement que si quelque chose finit c'est bien qu'il rencontre un obstacle à son expansion, donc un autre quelque chose.

Donc le quelque chose est infini et temporellement et spatialement.

On comprend donc mieux pourquoi la question "pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?" me laisse un goût d'incrédulité quant à son utilité. Nous ne le saurions qu'à condition d'expérimenter le rien, or nous l'avons vu s'il devait avoir un "rien" ce rien n'est pas de ce monde.

Ce pourquoi ne peut donc se résoudre qu'une fois passé dans l'autre monde, un fois mort!

Voir les commentaires