Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #catholicisme tag

Satan, ange déchu ou ange promu?

Publié le par Philippe Le Bihan

   Dans les trois religions monothéistes le récit de la création de l’Humanité par Dieu ne laisse, semble-t-il, planer aucun doute. Iblis, du nom duquel l’Islam qui est la seule religion à le nommer, c’est-à-dire Satan, refuse d’admirer la créature de Dieu, l’homme, et pour cela est déchu du Paradis et est promis aux feux de l’enfer.

   Pourtant tout n’est pas si simple, ni dans les pratiques cultuelles et ni même dans les textes sacrés.

   D’abord dans les pratiques cultuelles, propres à chaque terreau culturel dans lequel se développe chacune des trois religions abrahamiques. En effet, prenons le christianisme. Il est communément admis par les chrétiens que ceux qui se seront livrés au mal dans leur vie terrestre « descendront » en Enfer pour ? Pour être châtié par Satan et ses démons, autres anges « déchus ».

   Bref, si textuellement on lit que Iblis a été déchu, cultuellement on admet qu’il règne sur les Enfers, que les démons, autres anges déchus, sont en quelque sorte les « matons », les gardiens, des prisonniers éternels de l’Enfer. Ce serait donc plutôt une forme de « promotion ». En effet : Dieu règne aux Cieux, Iblis règne aux Enfers !

   Cela ne se vérifie pas que dans le christianisme, mais aussi dans l’Islam où même si on a une autre vision de l’Enfer et de l’ordre qui y règne, on a une vision, en tout cas pour ceux qui se prétendent au plus près du texte sacré, le Coran, tout aussi dualiste des choses.

   Ainsi, tout comme dans le judaïsme primitif, un démon, donc un ange déchu, voire Iblis lui-même, peuvent suite à une mauvaise action de ma part venir me tourmenter dans ma vie sur Terre, me « posséder » (vision commune d’ailleurs avec le catholicisme du Moyen-Âge). Et ce qui est perçu dans ce côté cultuel s’il est pratiqué, c’est que je ne suis pas « impur » car possédé mais bien possédé car impur !

   Dans l’Islam d’ailleurs les choses se compliquent : Allah peut décider de « jouer » avec le sort de ses créatures s’il lui en prend envie. C’est répété maintes fois dans le Coran que le destin de l’être humain est toujours entre les mains de Dieu.

   Mais il n’y a pas que le cultuel qui apporte cette dualité entre « déchu » et « promu », dans les textes sacrés aussi, même pris au pied de la lettre, cette dualité est introduite.

   Le premier exemple qui me vient en tête est le Livre de Job du judaïsme. Job, bien que juste et ne cessant de pratiquer assidûment ses devoirs religieux, se retrouve tourmenté par Satan ; atteint de malchance, de malheurs familiaux, de maladie, jusqu’à se retrouver dans un état de mourant. Comment est-ce possible ? Tout simplement, vision commune avec ce dont je parlais plus haut à propos de l’Islam, parce que Dieu l’a permis. Il l’a permis à qui ? À Satan lui-même qui est venu lui demander la permission d’éprouver la Foi de Job. Et cette entrevue a eu lieu où ? Au Paradis !

   Donc on voit, dans ce livre de Job, un Satan « déchu » ayant accès librement au Paradis pour aller débattre avec Dieu lui-même de la réalité ou non, de la solidité ou non, de la Foi d’un humain et pouvoir ensuite aller tourmenter cet humain par la suite.

   Bien entendu cela, en lien avec les pratiques cultuelles propres à chaque civilisation, permet de se poser la question « Dieu a-t-il déchu Satan et les démons ou bien les a-t-il promus ? ».

   Et bien que le sort de Satan semble scellé dans certains textes : il serait ainsi amené à disparaître, à être « désintégré » avec tous les pécheurs dans un grand feu qui les consumerait tous, si je prends une lecture littérale ; il n’en reste pas moins vrai que cela entre en contradiction avec ce qu’admettent les mêmes textes : le feu est éternel et chacun doit le subir éternellement, c’est-à-dire y brûler sans se consumer.

   Sur ce sujet je pense que le cogito n’en a pas fini de s’amuser : Satan a-t-il été déchu ? Mais alors pourquoi tant de pouvoirs sur l’Homme ? Satan aurait-il été promu ? Mais pourquoi lui qui n’a pas respecté la création divine ? Peut-être car en refusant de s’incliner, de s’agenouiller, devant l’être humain il obéissait ainsi à l’un des tous premiers commandements : « Tu n’adoreras que le Seigneur ton Dieu » ! Ou bien finalement, il a été les deux à la fois : libre de tourmenter les humains ici-bas, régnant sur les Enfers un temps puis, à la Fin des Temps, étant lui-même jeté dans les flammes éternelles avec ceux sur qui il croyait pouvoir régner à l’égal de Dieu ?

Voir les commentaires

Point de vue religieux sur les djihadistes et islamistes

Publié le par Philippe Le Bihan

L'islamisme n'est pas une doctrine politique mais religieuse, c'est un fait. Aussi je l'analyse de son point de vue religieux avec le Coran.

On pourra me reprocher d'évoquer la notion de "fin du monde", mais après tout en notre époque beaucoups en parlent d'une telle fin dont notamment le GIEC et les écologistes ("si nous ne faisons rien nous serons ensevelis par la montée des océans", etc.)...

Voir les commentaires

Ô Curé hypocrite! De l'islamisme expliqué aux chrétiens.

Publié le par Philippe Le Bihan

   Ô Curé hypocrite, qui n’ose répondre à une question car cela l’obligerait à remettre sa propre foi, ou plus exactement son propre dogme, en cause.

   De quoi je veux parler ? D’un matin de catéchisme pour les enfants. À côté était organisée une réunion des parents à laquelle assistait mon ex compagne. Et voilà-t-y pas qu’elle, avec sa naïveté qui lui est propre, qu’elle donc posa une question sur ce qui se passe en Syrie, en Irak et maintenant en France et en Belgique : « pourquoi ils ne croient pas en Dieu et assassinent des croyants ? ».

   Évidemment, curé, je comprends que posée en de tels termes cette question t’ai dérangée. Surtout que c’était pendant une réunion où étaient présents d’autres parents, qui de tendance extrême-droite catho, qui plus trop catho mais restant quand même, etc. Certes peut-être si cette question t’avait été posée seul à seul aurais-tu peut-être accepté d’y répondre autrement que par des considérations générales traduisant en fait un grand souffle d’exaspération.

   Car pour répondre à cette question, il convient de se pencher sur notre propre histoire de notre propre religion : le christianisme, et mettre en parallèle le déroulement de l’histoire musulmane.

   Le christianisme a débuté par une période d’extension plus ou moins violente. D’abord extension pacifique, par l’annonce de la Bonne Nouvelle, l’évangélisation donc, puis extension plus violente avec l’attaque et la destruction des lieux de cultes païens de l’Empire Romain et de leurs symboles.

   Cette extension fut suivie d’une période de léthargie avant de laisser place à une période de faste intellectuel avec les premiers « docteurs de l’Église » dont les non-moindres furent Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin.

   Période de faste intellectuel qui devait ensuite laisser place aux premières guerres de religions, initiées par l’Église Catholique : les Croisades vers Jérusalem et la Reconquista de l’Andalousie. Période suivie de très près par l’instauration de l’Inquisition.

   L’Inquisition brûla et tua, au nom de Dieu et de la Vérité, des juifs, des musulmans, des protestants, des femmes, des scientifiques, etc. Il n’en est pas moins vrai que l’Inquisition croyait en Dieu tout en tuant d’autres personnes croyant en Dieu mais ayant une vision de la Vérité Divine qui n’était pas la même.

   Enfin 250 à 300 ans plus tard, trois siècles en gros plus tard, on en revint à la raison, s’établit l’Humanisme chrétien, les Lumières puis enfin la démocratie.

   Alors je dirais ceci : « pourquoi demander à une religion née 625 ans après le christianisme d’évoluer plus vite que ledit christianisme ? ».

   Eux aussi ont connu leur période d’expansion plus ou moins accompagnée de violence. Puis, presque sans période de léthargie cette-fois, le faste philosophique et intellectuel de Cordoue et Bagdad. Que 625 ans après la naissance de l’Inquisition Catholique, soit vers 1995, ils aient connus leurs propres intégristes (en Algérie d’abord avec le GIA et le FIS) cela va dans la logique des choses.

   Je dirais que s’ils suivent à peu de choses près la même évolution que la religion chrétienne, d’ici 250 à 300 ans, trois siècles en gros, ils connaîtront leur période d’Humanisme Musulman puis l’accès à la démocratie.

   Voilà au moins une chose que tu aurais pu dire ô curé hypocrite qui te cache derrière la noirceur de ta soutane dès qu’une question dérangeante t’es posée.

   Ces islamistes croient en Dieu, mais ils ont une autre notion de la Vérité Divine que la plupart des musulmans eux-mêmes, et de facto que des chrétiens et des juifs. Ils sont l’Inquisition : Satan parlant au nom de Dieu. Mais cela n’est qu’une période, à subir certes, mais qui peu-à-peu s’estompera même si cela prendra tout pour comme le christianisme trois siècles !

Voir les commentaires

Ni Etat ni Morale!

Publié le par Philippe Le Bihan

Des idées foisonnantes me sont venues suite à une remarque que je me faisais soudainement: les dernières affaires de pédophilie au sein de l'Eglise remontent à 20 ans au moins et on nous en parle toujours. La dernière affaire de pédophilie dans le milieu laïc remonte à il y a à peine une semaine!

Tant il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches. Cela pour le côté obscur de la fascination qu'entraîne le Vatican.

Mais il n'en reste pas moins vrai, et il me semble que la Curie Romaine ou ceux qui veulent s'en approcher en sont peu conscients, que la seule religion "moderne", de notre ère chrétienne, et occidentale qui fascine, suscite moultes légendes est justement le christianisme et plus précisément le catholicisme.

On l'a vu avec le Da Vinci Code puis avec Anges et Démons: les non-catholiques en ont été friants tandis que l'establishment catholique recommandait de ne pas aller voir ces films... Pour le premier soit, mais recommander de ne pas aller voir Anges et Démons à des catholiques avec comme seul argument que "de toute manière le réalisateur n'a pas eu accès aux sites qu'il prétend filmer et a dû les reconstituer en studio", c'est un peu peu... Je ne savais pas que cela avait valeur d'argument théologique.

En fait les ecclésiastiques qui recommandaient de ne pas aller voir Anges et Démons n'avaient même pas lus le livre dont il s'inspire, avaient tout simplement été échaudés par le précédent Da Vinci Code et la majorité des fondamentalistes types Saint Pie X croyaient dur comme fer qu'il ne s'agissait que d'un film opposant l'Eglise à Galilée alors qu'il n'en est rien.

Ce faisant ils sont passés à travers l'observation d'un fait majeur: le Vatican fascine autant que l'hindouisme ou le bouddhisme ne fascine les derniers hippies bobos. Et fascine tout le monde, quelle que soit sa religion. Bien évidemment tant en positif que, surtout actuellement, en négatif.

Déjà dans les années 1990 circulait dans le monde musulman lycéen un mythe: il y aurait au Vatican une horloge qui indiquerait la Fin du Monde! Rien de moins!

Si aujourd'hui les mythes concernant le Vatican sont si négatifs cela est pour une raison toute simple: toute religion émettant une morale est perçue négativement et ce suite à l'établissement du dogme ultra-libéral selon lequel "rien ne doit freiner les échanges marchands, ni Etat ni morale"! Un philosophe qui se permettrait de faire de la morale serait tout aussi carricaturé par Charlie-Hebdo et les autres canards que le Prophète de l'Islam, le Pape, le religieux juif.

Le dernier exemple en date fut celui de Jean-Edern Hallier. Si on se moqua tant de ce philosophe c'est qu'il avait deux torts: le premier est qu'il voulait "faire rentrer le philosophe dans l'entreprise" comme il le disait lui-même, et le second est qu'une entreprise, et pas des moindres (La Lyonnaise des Eaux), fut séduite par cette approche novatrice.

Dans le monde ultra-libéral en marche cela ne pouvait passer: "ni état, ni morale"!

Voir les commentaires

L'hérésie constantinienne

Publié le par Philippe Le Bihan

En guise de préambule je tiendrai à noter que croire en Jésus le Christ (Messie), donc être chrétien, est une chose, elle relève du lien au divin, tandis que croire en une des nombreuses religions chrétiennes (catholicisme, protestantisme, évangélisme, orthodoxie, coptes, etc.) en est une autre qui relève du dogme donc du simple niveau humain.

Pourquoi ce titre si provocateur qui lierait Constantin, donc une grande partie du dogme catholique actuel, à une hérésie?

Il est connu que c'est sous l'Empereur Constantin, de par sa propre volonté, que fut réuni le premier concile de l'histoire qui devait tracer les lignes directrices de la religion catholique, le dogme universel chrétien.

Or si on croit savoir que Constantin s'est converti au christianisme, en vérité il n'en est rien! Constantin ne se fit baptiser que sur son lit de mort. Donc le dogme catholique a été édicté par un empereur païen, régnant sur un Empire païen et dont le souci le plus pressant était ni plus ni moins que faire accepter la religion chrétienne à des païens quitte à s'accomoder de quelques arrangements avec l'Evangile afin de rendre plus acceptable cette nouvelle religion à des gens habitués à leurs anciens dieux et panthéon.

C'est déjà un signe que le message catholique devait s'écarter forcément de ce qui était transcrit comme Vérité dans les évangiles.

Mais avant toute chose j'aimerais qu'on s'interroge sur la notion de "Pape". Saint Pierre était Evêque de Rome et est considéré par les catholiques comme "le premier Pape". Or s'il était le premier Pape, donc quelqu'un de bien plus important que Saint Paul simple apôtre, si c'était sur cette pierre que Jésus voulait bâtir son Eglise, si tout ce qu'il ouvrirait ou fermerait sur terre serait ouvert ou fermé dans les Cieux, pourquoi la Bible ne contient-elle que deux Epîtres de Saint Pierre contre 14 Epîtres de Saint-Paul?

La pensée du premier Pape de la chrétienté, sa définition du dogme, est-elle donc si peu importante qu'elle ne vaille la peine d'être mise en valeur? Ou bien était-elle tellement gênante aux yeux de Constantin que seuls 2 épîtres furent retenus pour figurer dans le canon biblique?

S'il y a bien un secret au Vatican, ce ne doit sûrement pas être sur la vie sexuelle des anges mais bien plutôt sur l'ensemble des épîtres de Saint Pierre...

De fait Saint Pierre n'était pas le premier Pape. Il était le premier Evêque de Rome, en communion avec toutes les églises éparses.

Et sur ce point on assiste de nos jours à des avancées doctrinales fondamentales initiées par le Pape François lui-même. A noter qu'il ne s'est jamais qualifié de Pape mais bien d'"Evêque de Rome" tout comme pour Benoît XVI qu'il n'a pas qualifié de "mon prédécesseur le Pape Benoît XVI" mais bien de "mon prédécesseur Benoît XVI, Evêque de Rome" et ce dès son premier discours au balcon de la Basilique.

En fait le premier "Pape" fut Constantin. Il fut nommé Evêque de Rome dans la lignée de ses prédécesseurs, mais étant également Empereur il devint le "chef" de la chrétienté dans l'Empire, donc Pape.

Mais ce n'est là qu'un petit détail par rapport aux écrits des évangiles et à la déviation introduite par rapport à ceux-ci par Constantin.

Le souci premier de Constantin était de faire admettre la nouvelle religion catholique par des païens, et y compris par rapport à ce qui était sa propre culture païenne.

D'où le besoin d'effacer ou même d'éradiquer des courants entiers, et majoritaires à l'époque, du christianisme et de la pensée chrétienne. Je fais notamment référence ici à la chasse aux disciples d'Arius.

Comment un païen pourraît-il comprendre que "le Fils de Dieu", le fils d'un dieu, ne soit pas lui-même un dieu. Or rien dans les quatre Evangiles canoniques ne définit Jésus comme étant "Dieu descendu sur Terre". Quant à "Fils de Dieu", remémorons-nous quand même un peu comment cela est expliqué dans les évangiles.

Il est écrit "fils de Joseph, fils de..., fils de..., etc., fils de David, fils de..., etc., fils d'Adam, fils de Dieu", il ne s'agit donc pas du tout d'une filiation directe du type "Jésus fils de Dieu", mais bien d'une filiation humaine remontant jusqu'à "Adam fils de Dieu".

En ce sens il est admis que tout être humain est le fils de Dieu, par filiation remontant à Adam, et que donc nous sommes tous frères.

Mais revenons un  peu sur le premier item de la généalogie: "Jésus fils de Joseph". Cela semble ne pas corroborer avec d'autres passage de l'Evangile faisant naître Jésus d'un côté du Saint Esprit et de l'autre de Marie. Pourquoi est-ce la généalogie de Joseph qui est évoquée, alors que celle de Marie serait plus adéquate?

En fait cela s'explique assez simplement par l'Ancien Testament où l'arrivée du Messie est annoncée ainsi: "de la Maison de David naîtra un rejeton qui sera Lumière pour les Nations". Or rejeton a deux sens. L'un premier: un descendant, l'autre en langage plus trivial: un bâtard. Et de fait Jésus selon les écritures n'est pas le fils biologique de Joseph.

A ce propos un philosophe-journaliste syrien avait enquêté afin de savoir comment réagiraient de nos jours les gens à l'annonce d'une grossesse venant du Saint Esprit. La réponse majoritaire et unanime fut la lapidation de la femme enceinte. Donc on peut dire que Jésus et Marie ont eût de la chance.

Par ailleurs qu'est-ce qui d'autre dans les Evangiles devrait nous faire douter que Jésus le Christ (Messie) était "Dieu né du Vrai Dieu"?

Simple: tout au long des évangiles n'est-il pas relaté les incessantes et longues prières qu'effectue Jésus? Dieu aurait-il besoin de se prier lui-même?

Donc on le voit, la majorité de la religion, du dogme catholique, n'est que la manifestation d'un paganisme propre à l'époque constantinienne et à Constantin lui-même qui ne saurait imaginer qu'un envoyé de Dieu ne soit pas lui-même un dieu.

Voir les commentaires