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L'hérésie constantinienne

Publié le par Philippe Le Bihan

En guise de préambule je tiendrai à noter que croire en Jésus le Christ (Messie), donc être chrétien, est une chose, elle relève du lien au divin, tandis que croire en une des nombreuses religions chrétiennes (catholicisme, protestantisme, évangélisme, orthodoxie, coptes, etc.) en est une autre qui relève du dogme donc du simple niveau humain.

Pourquoi ce titre si provocateur qui lierait Constantin, donc une grande partie du dogme catholique actuel, à une hérésie?

Il est connu que c'est sous l'Empereur Constantin, de par sa propre volonté, que fut réuni le premier concile de l'histoire qui devait tracer les lignes directrices de la religion catholique, le dogme universel chrétien.

Or si on croit savoir que Constantin s'est converti au christianisme, en vérité il n'en est rien! Constantin ne se fit baptiser que sur son lit de mort. Donc le dogme catholique a été édicté par un empereur païen, régnant sur un Empire païen et dont le souci le plus pressant était ni plus ni moins que faire accepter la religion chrétienne à des païens quitte à s'accomoder de quelques arrangements avec l'Evangile afin de rendre plus acceptable cette nouvelle religion à des gens habitués à leurs anciens dieux et panthéon.

C'est déjà un signe que le message catholique devait s'écarter forcément de ce qui était transcrit comme Vérité dans les évangiles.

Mais avant toute chose j'aimerais qu'on s'interroge sur la notion de "Pape". Saint Pierre était Evêque de Rome et est considéré par les catholiques comme "le premier Pape". Or s'il était le premier Pape, donc quelqu'un de bien plus important que Saint Paul simple apôtre, si c'était sur cette pierre que Jésus voulait bâtir son Eglise, si tout ce qu'il ouvrirait ou fermerait sur terre serait ouvert ou fermé dans les Cieux, pourquoi la Bible ne contient-elle que deux Epîtres de Saint Pierre contre 14 Epîtres de Saint-Paul?

La pensée du premier Pape de la chrétienté, sa définition du dogme, est-elle donc si peu importante qu'elle ne vaille la peine d'être mise en valeur? Ou bien était-elle tellement gênante aux yeux de Constantin que seuls 2 épîtres furent retenus pour figurer dans le canon biblique?

S'il y a bien un secret au Vatican, ce ne doit sûrement pas être sur la vie sexuelle des anges mais bien plutôt sur l'ensemble des épîtres de Saint Pierre...

De fait Saint Pierre n'était pas le premier Pape. Il était le premier Evêque de Rome, en communion avec toutes les églises éparses.

Et sur ce point on assiste de nos jours à des avancées doctrinales fondamentales initiées par le Pape François lui-même. A noter qu'il ne s'est jamais qualifié de Pape mais bien d'"Evêque de Rome" tout comme pour Benoît XVI qu'il n'a pas qualifié de "mon prédécesseur le Pape Benoît XVI" mais bien de "mon prédécesseur Benoît XVI, Evêque de Rome" et ce dès son premier discours au balcon de la Basilique.

En fait le premier "Pape" fut Constantin. Il fut nommé Evêque de Rome dans la lignée de ses prédécesseurs, mais étant également Empereur il devint le "chef" de la chrétienté dans l'Empire, donc Pape.

Mais ce n'est là qu'un petit détail par rapport aux écrits des évangiles et à la déviation introduite par rapport à ceux-ci par Constantin.

Le souci premier de Constantin était de faire admettre la nouvelle religion catholique par des païens, et y compris par rapport à ce qui était sa propre culture païenne.

D'où le besoin d'effacer ou même d'éradiquer des courants entiers, et majoritaires à l'époque, du christianisme et de la pensée chrétienne. Je fais notamment référence ici à la chasse aux disciples d'Arius.

Comment un païen pourraît-il comprendre que "le Fils de Dieu", le fils d'un dieu, ne soit pas lui-même un dieu. Or rien dans les quatre Evangiles canoniques ne définit Jésus comme étant "Dieu descendu sur Terre". Quant à "Fils de Dieu", remémorons-nous quand même un peu comment cela est expliqué dans les évangiles.

Il est écrit "fils de Joseph, fils de..., fils de..., etc., fils de David, fils de..., etc., fils d'Adam, fils de Dieu", il ne s'agit donc pas du tout d'une filiation directe du type "Jésus fils de Dieu", mais bien d'une filiation humaine remontant jusqu'à "Adam fils de Dieu".

En ce sens il est admis que tout être humain est le fils de Dieu, par filiation remontant à Adam, et que donc nous sommes tous frères.

Mais revenons un  peu sur le premier item de la généalogie: "Jésus fils de Joseph". Cela semble ne pas corroborer avec d'autres passage de l'Evangile faisant naître Jésus d'un côté du Saint Esprit et de l'autre de Marie. Pourquoi est-ce la généalogie de Joseph qui est évoquée, alors que celle de Marie serait plus adéquate?

En fait cela s'explique assez simplement par l'Ancien Testament où l'arrivée du Messie est annoncée ainsi: "de la Maison de David naîtra un rejeton qui sera Lumière pour les Nations". Or rejeton a deux sens. L'un premier: un descendant, l'autre en langage plus trivial: un bâtard. Et de fait Jésus selon les écritures n'est pas le fils biologique de Joseph.

A ce propos un philosophe-journaliste syrien avait enquêté afin de savoir comment réagiraient de nos jours les gens à l'annonce d'une grossesse venant du Saint Esprit. La réponse majoritaire et unanime fut la lapidation de la femme enceinte. Donc on peut dire que Jésus et Marie ont eût de la chance.

Par ailleurs qu'est-ce qui d'autre dans les Evangiles devrait nous faire douter que Jésus le Christ (Messie) était "Dieu né du Vrai Dieu"?

Simple: tout au long des évangiles n'est-il pas relaté les incessantes et longues prières qu'effectue Jésus? Dieu aurait-il besoin de se prier lui-même?

Donc on le voit, la majorité de la religion, du dogme catholique, n'est que la manifestation d'un paganisme propre à l'époque constantinienne et à Constantin lui-même qui ne saurait imaginer qu'un envoyé de Dieu ne soit pas lui-même un dieu.

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Pour en finir avec l'antipsychiatrie

Publié le par Philippe Le Bihan

Bien que ce blog soit dédié à la philosophie, il faut néanmoins reconnaître les torts, sinon totaux du moins partiels, d'une pratique de la philosophie détachée de la réalité et de l'interrogation du vécu des sujets - et non plus objets - considérés.

Si l'antipsychiatrie a raison quant à sa vision de l'asile psychiatrique, elle a néanmoins dérivée vers une idéologie quasi-mystique de la folie.

Elle rejoint sans vouloir se l'avouer une vision ancestrale du Fou Sacré; le fou étant médium entre notre réalité et une réalité autre, invisible aux yeux du commun des mortels, et donc la folie serait en ce sens une épiphanie du divin ou des divins c'est-à-dire incarnation en la personne du fou d'un transcendant sacré de l'ordre du divin.

Vision romantique, idéalisée et naïve de la folie douce. Le fou aurait presque de la chance de l'être car il n'aurait pas besoin de drogues pour s'éclater et avoir des trips!

Mais doit-on rappeler que s'il y a de bons trips, il y a également de mauvais trips. Et qu'un mauvais trip qui dure 24h/24 et 7j/7 de manière ininterrompue est on ne peut plus insupportable. C'est alors que vient la nécessité du traitement psychiatrique.

Non pas afin de "normaliser", ce qui s'avère souvent impossible, mais à tout le moins afin de chasser le mauvais trip.

Je dirais que ceux qui s'opposent aux traitements médicaux pour tous les cas de psychose et/ou de folie n'ont jamais connu l'expérience de la folie.

Ce qui doit nous apparaître clair en observant un tant soit peu la vie urbaine principalement, est que la folie ou la psychose non traitée psychiatriquement aboutit à une marginalisation tant radicale qu'elle en devient désociabilisation, "SDFisation".

Le pire dans l'antipsychiatrie est de nier la souffrance que vit le fou, le psychotique préférais-je dire.

Mais je reconnais bien volontier que s'il y a des défaillances cérébrales qui doivent être traitées, parce qu'elles aboutissent soit à l'autodestruction (voire le suicide) soit à la destruction d'autrui (voire le meurtre), telles la schizophrénie, la paranoïa, la théomanie, la bipolarité; il y a également des défaillances cérébrales qu'il est inutile de pharmacologiser.

On ne peut comparer un schizophrène avec un trisomique 21. La trisomie 21 ne peut se traiter par des médicaments et, selon la vision psychosociale de la société qui entoure le trisomique, peut se révéler ne pas être un problème.

En effet, au Brésil notamment, le trisomique n'a pas une mentalité d'enfant de 7 ans comme le prétendent même les plus ouverts des psychologues (donc même les antipsychiatres) en Europe, mais mène une vie adulte normale, avec un travail normal rémunéré normalement, fonde famille et peut même avoir des enfants (qui seront de facto eux aussi trisomiques).

Quelle différence avec l'occident européen!

Bref, pour ce qui est des psychoses, l'antipsychiatrie se révèle un courrant néfaste voire utilitariste et idéologique en sa tendance marxiste, qui est habité par le mythe de la folie comme expérience numineuse, expérience du sacré.

Il n'en est rien, s'il y a expérience avec le sacré alors c'est avec quelques djinns ou démons; le psychotique souffre et n'a pas une nature joyeuse d'expérience de la vie décalée et extravertie comme s'il aurait un "bon trip" au LSD ou au Cannabis.

Que ce soit dit!

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Des raisons d'un débat en politique

Publié le par Philippe Le Bihan

L'expression la plus visible du politique est au moment d'un débat, à la télévision ou à l'Assemblée. Mais à quoi sert un débat? Cette question qui pourraît sembler simple ne l'est pas autant qu'on le pense.

 

Nos politiciens souffrent d'un mal dû à leur formation. Alors qu'ils doivent résoudre des problèmes liés à des matières techniques, médicinales, éthiques, ils ont été formés à l'université en Science-Politique (Science-Po) qui est une prolongation de la dernière année d'étude que l'on nomme "l'année rhéto", l'année de rhétorique. Et cela révèle le niveau qu'atteindra tout débat avec un politicien.

 

Le politique a appris durant toutes ses études à... avoir raison! Avoir raison plutôt qu'écouter raison. Si bien que le débat est le lieu d'une lutte idéologique binaire, où l'orgasme est atteint lorsqu'on a obtenu raison et réussi à terrasser son "adversaire". Car on ne débat pas avec un ami mais bien avec un adversaire...

 

Or cette vision du débat est loin d'avoir été de tous temps la même. Il convient de rappeler ici une blague juive, tirée sans doute de l'étude des philosophes grecs: "quand deux juifs débattent il y a toujours au moins trois idées différentes autour de la table"!

 

Et c'est bien là l'essence même du débat dans le monde grec démocratique. Il ne s'agit pas d'un combat visant à gagner, mais bien d'un dialogue visant à atteindre le plus près possible la Vérité.

 

Tel le trinôme thèse-antithèse-synthèse, où la synthèse ne serait pas la victoire de la thèse ou de l'antithèse mais une troisième voie, soit compromis entre les deux premiers, soit totalement nouveau et inimaginé jusqu'alors.

 

Cette redéfinition du débat permet ainsi de replacer le Philosophe au centre de la Cité démocratique.

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