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L'Anarchisme ou l'Alter-Fascisme

Publié le par Philippe Le Bihan

   Titrer « l’anarchisme ou l’alter-fascisme » est certes une grosse provocation, mais qui déjà peut servir de test à tout anarchiste pour savoir s’il est atteint de ce mal, de cette impossibilité à l’humanisme, au dialogue dans le respect d’autrui et de ses différences ou non. S’il lit cet article jusqu’au bout sans se contenter du titre, alors il est humaniste et même philosophe, sinon il est adepte des slogans ; adepte de la négation de la pensée qui implique l’autocritique, du dialogue, du respect des opinions d’autrui, de l’humanisme et donc adepte du fascisme.

   Et puisque l’Anarchisme s’exprime souvent, trop souvent par ailleurs, en slogans, commençons par en analyser un : le fameux « Ni Dieu Ni Maître ».

1.Ni Dieu…

   Que l’on soit croyant ou athée, la seule position philosophique (donc humaniste) qui tienne en la matière est l’agnosticisme, le fameux « je crois que mais je ne peux pas le savoir ».

   En effet, il y a deux sortes de théorèmes. Un théorème est, contrairement à une théorie, une assertion dont je ne peux démontrer la véracité. Deux sortes de théorèmes, car il y a le théorème dont la véracité, bien qu’indémontrable, s’observe empiriquement, par la répétition quotidienne et dont l’inverse ou l’opposé ne s’est jamais vu. Enfin, il y a le théorème dont aussi bien la véracité que la fausseté sont tous deux indémontrables.

   « Dieu existe » et « Dieu n’existe pas » font partie de cette seconde catégorie de théorèmes. De fait, un mot ne saurait exister sans son concept, mais d’expérience je n’ai jamais « vu » Dieu (ou alors je ne m’en souviens pas) de même que les scientifiques n’ont jamais « vus » d’extraterrestres, ce qui n’en empêche nullement l’existence.

   Extraterrestres et Dieu Créateur de l’Univers ont donc ceci en commun d’être des sujets d’agnosticisme pour le philosophe ou l’humaniste et d’être des théorèmes dont aussi bien la véracité que la fausseté ne peut être démontrée faute d’expérience.

   Bon, personnellement, en tant qu’individu, si l’on est croyant comme moi, ou si l’on a consommé certaines drogues à tendances hallucinogènes, on peut dire que l’on a fait « l’expérience de Dieu », mais cela reste intérieur, non communicable tout comme le fameux « secret de la Franc-Maçonnerie ». Et si à l’inverse on pense qu’il n’existe pas, encore ne fait-on que le « penser » sans pour autant pouvoir le démontrer.

   Et encore, de quel Dieu parle-t-on ? Car certains pensent démontrer la non existence d’un Être Créateur en disant « si Dieu existait il n’y aurait pas de maladies, pas de souffrances, pas de guerres, pas de famines, etc. ». C’est d’abord oublier bien vite que pour les trois religions monothéistes abrahamiques (judaïsme, christianisme, islam), Dieu est certes bon et nous aimes tous, souffre quand nous souffrons, mais surtout a décidé de laisser sa création et l’humain totalement libre de faire ce qu’il veut dans l’instant de sa vie sur Terre, reléguant toute décision de sa part au Jugement Dernier. Et donc qu’ensuite ces maux et leur non-résolution proviennent exclusivement de la responsabilité humaine.

   Par ailleurs si un dieu intervenait pour empêcher chaque meurtre, chaque accident, punir chaque insulte, etc. on en aurait vite marre et on serait vite contre.

   Donc on le voit, tenter d’argumenter en un sens ou en un autre est finalement bien compliqué, les arguments des uns venant percuter les arguments des autres.

   Tant et si bien que la seule position humaine sage en la matière est de garder ses convictions pour soi-même et de reconnaître que sommes toutes « on croit qu’il existe ou qu’il n’existe pas, mais on ne le sait pas » et on ne saurait le savoir. Tout comme pour les extraterrestres.

   Donc la position d’emblée d’opposition « Ni Dieu » sort du cadre de l’humanisme et plus encore de la philosophie. Car elle revient à dire « qu’il existe ou non, ce que je ne sais pas, je suis contre ». C’est finalement comme dire « que les extraterrestres existent ou non, ce que je ne sais pas, je suis contre ». Et c’est même pire que de dire cela. Car le terme « Dieu » renvoie à la création de l’Univers, des étoiles, des planètes, du Soleil, de la Terre, de la nature qu’elle abrite, de ses animaux et, finalement, de l’humanité.

   Donc le « Ni Dieu » se révèle être une déclaration de guerre à tout ce qui existe, y compris l’être humain. Donc un antihumanisme. Si l’on peut être athée ou croyant « pour soi » et si les missionnaires chrétiens ou musulmans se révèlent être de parfaits extrémistes souvent fascisants, cela est également vrai des missionnaires athées. Comme écrit plus haut, la seule position humaniste qui tienne en philosophie, donc en dialogue avec autrui, est l’agnosticisme.

   Quitter l’agnosticisme revient à nier à autrui le droit à la différence. Cela est vrai en religion mais aussi en athéisme.

   Mais bon, je ne retiendrai ici comme conclusion que l’explication mentionnée plus haut : crier Ni Dieu revient à crier Ni Humain.

2.Ni Maître…

   Là on est dans un registre qui me semble plus amusant que le premier, de par la contradiction qu’elle implique. Car j’ai envie de dire « « Ni Dieu Ni Maître » ? Quel est le maître d’école qui t’a enseigné cela ? ». En effet, c’est un slogan qui date, usé jusqu’à la corde, on l’a appris et on le répète sans même réfléchir à ses implications que nous avons vu au chapitre précédent. Et on le répète pour l’avoir appris de qui ? D’un maître (du moins d’un initiateur ce qui revient au même).

   Mais, et là on va tout de suite quitter le registre du marrant, derrière ce « Ni Maître » d’un côté et le fait que dans tout groupe anarchiste pourtant réputé ne pas avoir de chef il y a un ou plusieurs gourous (les sociologues les appellent « leaders d’opinions ») qui surgissent, on se retrouve à nouveau dans une négation du dialogue avec l’autre, donc une négation de l’autre, ce qui porte un nom : « xénophobie ».

   En fait ce « Ni Maître » pose la question de savoir s’il peut réellement exister un « groupe », une « association » d’anarchistes. De ce que l’on en sait toutes les théories de communautés anarchistes, à commencer par celle de Proudhon, se structurent exactement comme des communautés de sectes. Et comme dans toute secte s’y retrouve le gourou, accepté de manière naturelle, sans élection mais par adoption. Donc un maître ! Makhno en est un exemple.

   Ce qui fait que si je suis suffisamment anarchiste je ne peux accepter de m’inscrire dans un groupe ou une association libertaire ou anarchiste, et je peux encore moins accepter de vivre en société fut-ce une communauté anarchiste.

   Il apparaît dès lors que l’anarchiste est amené à être individualiste ; « l’homme individualiste autosuffisant » propre à l’ultra-libéralisme mais aussi à la notion nazie de l’Aryen.

3.L’alter-fascisme :

   C’est dans ce tout bête slogan « Ni Dieu Ni Maître » que l’anarchisme révèle sa prédisposition à être un alter-fascisme.

   En effet, il invente un Homme Nouveau, supérieur au commun des mortels, non plus par la race mais par sa « supériorité de liberté ». Un homme qui, non content de ne pas avoir besoin des autres humains, en désire l’anéantissement.

   En fait on en viendrait dans un monde anarchiste à ce que l’homme soit un loup pour l’homme. En effet ce « Ni Dieu Ni Maître » signifie en fait « rien ni personne ne pourra m’empêcher de faire ce que je veux, que ce que je veuille soit bon ou mauvais pour les autres ».

   Simple slogan, il devient en réalité une déclaration de guerre à toute vie sociale entre individus différents (xénophobie), à toute limitation de mes libertés fut-ce pour respecter celle d’autrui (dictature), à tout dialogue (interdiction de la liberté de pensée).

   Finalement se déclarer « anarchiste » pourrait n’être qu’une forme plus fun, plus cool, plus acceptable de se déclarer en fait tout simplement « fasciste » !

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Savoir-faire et Pouvoir-faire

Publié le par Philippe Le Bihan

   Il est malheureusement de plus en plus admis par les étudiants de matières scientifiques que la philosophie y est inutile. Ainsi les bacheliers français de mathématiques-sciences se plaignaient-ils en juin 2015 de l’obligatoire épreuve de philosophie. Ainsi en Belgique le cours de philosophie pour les études de médecine à l’université est-il devenu depuis déjà bien longtemps une simple option, remplaçable par un cours de math.

   Et pourtant. Et pourtant, oui, à l’heure où 1000 (mille) scientifiques de tous milieux viennent de signer une lettre ouverte appelant à l’interdiction des « robots-tueurs », cette nouvelle arme dérivée des recherches en IA (Intelligence Artificielle) qui pourrait voir le jour d’ici moins d’une décennie, une question qui n’est autre que de l’ordre du philosophique se pose : tout ce que je sais faire, puis-je le faire ?

   La question de la différence nécessaire entre savoir-faire et pouvoir-faire qui relève de l’éthique, donc de la philosophie. Une question dont nous avons malheureusement appris que l’humanité ne se la pose jamais. Historiquement parlant, jusqu’ici, dès que quelque chose a su être fait, elle s’est faite ; et cela que ce soit bon ou mauvais pour l’humanité.

   Ainsi avec la fission nucléaire et la radioactivité. Sur papier, théoriquement, on savait détruire des villes entières et leurs populations. Rien, personne, aucune mobilisation, n’a pu empêcher que l’on passe du « je sais que je sais le faire » à « je sais le faire donc je le fais » : Nagasaki et Hiroshima en témoignent.

   Le pire étant que l’utilisation de telle ou telle technologie (ici la bombe nucléaire) n’a pas été décidé par les scientifiques eux-mêmes, c’est-à-dire par des gens plus intéressés par les équations que par Platon, mais bien par des dirigeants politiques censés avoir, justement, une formation en philosophie.

   D’où la nécessité d’une conscientisation en amont des décideurs. C’est-à-dire des scientifiques eux-mêmes. Je dirais qu’il ne sert absolument à rien d’apprendre la désobéissance civile à des militants pacifistes ; par contre ce serait très intéressant pour ceux qui sont à des postes clefs des secteurs recherche et développement des entreprises et universités.

   Un scientifique ne doit pas se contenter de faire de la science, un chercheur de la recherche, un développeur du développement, mais ils doivent eux-mêmes, et eux seuls car nous l’avons vu personne ne le fera à leur place, se poser la question « dois-je me limiter dans mon activité sachant que cela permettrait de savoir faire ceci et que tout ce qu’on sait faire est fait ? ». Tout comme la question de l’autocensure se pose aux auteurs, la question de l’autocensure doit se poser au scientifique.

   En tout cas tant que nous vivrons dans un monde où des gens pourtant éduqués à la philosophie estiment que tout ce qui sait être fait peut être fait et, même, doit être fait !

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Des Humains et des Animaux...

Publié le par Philippe Le Bihan

Une étude menée par des psychologues révèle les liens qui unissent Humains et Animaux et les répercussions qu'ils ont sur les rapports entre humains.

Premièrement on constate que le moment d'adoption d'un animal correspond souvent au moment ou les liens entre parents et enfants se distendent (soit par une "crise d'adolescence" soit par le départ des enfants de la maison familiale).

Dès lors une question se pose: pourquoi?

Le fait est que l'animal domestique (chat, chien, oiseau et poisson principalement) est "sous contrôle" et est "contrôlable". Certes en premier il apporte de l'affection mais l'humain ne se contente pas de cette affection; il veut contrôler celui qui lui apporte cette affection. Adopter un animal permet ainsi à l'adulte de reprendre confiance en soi, en ses capacités dominatrices et de contrôle de son environnement familier face à des enfants souvent imprévisibles et cherchant justement à échapper à ce contrôle.

Car, ne l'oublions jamais: si les humains ont besoin des animaux, les animaux, eux, peuvent très bien se passer des humains.

Cela induit donc une peur constante que l'animal domestique ne redevienne sauvage.

Mais qu'est-ce que cette attitude de "l'animal affectueux sous contrôle" induit dans les rapports aux autres êtres humains?

Le fait est que lorsque je possède un animal domestique, je veux en contrôler tous les aspects de sa vie tant "publique" (où il va, où il peut aller ou non) qu'hygiénique (ce qu'il mange ou non) que "privée" (avec qui se reproduit-il ou non).

Le dernier cas est très révélateur (celui de la reproduction), mais le premier aussi (le contrôle des allées et venues) sur ce que cela induit entre humain.

Il est psychologiquement prouvé qu'un adulte possédant des animaux domestiques, et plus il en possède plus cela est vrai, opère un transfert de ces contrôles sur ses animaux vers un contrôle sur ses proches voire parfois ses amis.

Avoir un chat ou des oiseaux est révélateur d'une volonté de contrôle des allées et venues de ses enfants, de ses proches et, parfois, de ses amis.

De la même façon, lorsque je possède un animal domestique j'en contrôle tout naturellement (du moins à mes yeux), la reproduction. Tel chien avec telle chienne, tels oiseaux ensemble, chat castré. S'y mêlent, surtout pour les chiens et les oiseaux (les chats étant le plus souvent castrés donc il y a interdiction de toute vie sexuelle), le désir de "pureté raciale" ou au contraire d'"originalité raciale".

Ce type de contrôle loin de se limiter à ses animaux, se retrouve dans la façon de contrôler ses enfants et leurs relations sexuelles et affectives. Soit par l'"amélioration de la race" elle-même soit par l'"amélioration sociale".

Bref on remarque que le contrôle non-naturel imposé par les humains sur leurs animaux, et bien ces humains ont une nette tendance à les calquer sur leurs proches, leur famille, leurs enfants.

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Ô Curé hypocrite! De l'islamisme expliqué aux chrétiens.

Publié le par Philippe Le Bihan

   Ô Curé hypocrite, qui n’ose répondre à une question car cela l’obligerait à remettre sa propre foi, ou plus exactement son propre dogme, en cause.

   De quoi je veux parler ? D’un matin de catéchisme pour les enfants. À côté était organisée une réunion des parents à laquelle assistait mon ex compagne. Et voilà-t-y pas qu’elle, avec sa naïveté qui lui est propre, qu’elle donc posa une question sur ce qui se passe en Syrie, en Irak et maintenant en France et en Belgique : « pourquoi ils ne croient pas en Dieu et assassinent des croyants ? ».

   Évidemment, curé, je comprends que posée en de tels termes cette question t’ai dérangée. Surtout que c’était pendant une réunion où étaient présents d’autres parents, qui de tendance extrême-droite catho, qui plus trop catho mais restant quand même, etc. Certes peut-être si cette question t’avait été posée seul à seul aurais-tu peut-être accepté d’y répondre autrement que par des considérations générales traduisant en fait un grand souffle d’exaspération.

   Car pour répondre à cette question, il convient de se pencher sur notre propre histoire de notre propre religion : le christianisme, et mettre en parallèle le déroulement de l’histoire musulmane.

   Le christianisme a débuté par une période d’extension plus ou moins violente. D’abord extension pacifique, par l’annonce de la Bonne Nouvelle, l’évangélisation donc, puis extension plus violente avec l’attaque et la destruction des lieux de cultes païens de l’Empire Romain et de leurs symboles.

   Cette extension fut suivie d’une période de léthargie avant de laisser place à une période de faste intellectuel avec les premiers « docteurs de l’Église » dont les non-moindres furent Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin.

   Période de faste intellectuel qui devait ensuite laisser place aux premières guerres de religions, initiées par l’Église Catholique : les Croisades vers Jérusalem et la Reconquista de l’Andalousie. Période suivie de très près par l’instauration de l’Inquisition.

   L’Inquisition brûla et tua, au nom de Dieu et de la Vérité, des juifs, des musulmans, des protestants, des femmes, des scientifiques, etc. Il n’en est pas moins vrai que l’Inquisition croyait en Dieu tout en tuant d’autres personnes croyant en Dieu mais ayant une vision de la Vérité Divine qui n’était pas la même.

   Enfin 250 à 300 ans plus tard, trois siècles en gros plus tard, on en revint à la raison, s’établit l’Humanisme chrétien, les Lumières puis enfin la démocratie.

   Alors je dirais ceci : « pourquoi demander à une religion née 625 ans après le christianisme d’évoluer plus vite que ledit christianisme ? ».

   Eux aussi ont connu leur période d’expansion plus ou moins accompagnée de violence. Puis, presque sans période de léthargie cette-fois, le faste philosophique et intellectuel de Cordoue et Bagdad. Que 625 ans après la naissance de l’Inquisition Catholique, soit vers 1995, ils aient connus leurs propres intégristes (en Algérie d’abord avec le GIA et le FIS) cela va dans la logique des choses.

   Je dirais que s’ils suivent à peu de choses près la même évolution que la religion chrétienne, d’ici 250 à 300 ans, trois siècles en gros, ils connaîtront leur période d’Humanisme Musulman puis l’accès à la démocratie.

   Voilà au moins une chose que tu aurais pu dire ô curé hypocrite qui te cache derrière la noirceur de ta soutane dès qu’une question dérangeante t’es posée.

   Ces islamistes croient en Dieu, mais ils ont une autre notion de la Vérité Divine que la plupart des musulmans eux-mêmes, et de facto que des chrétiens et des juifs. Ils sont l’Inquisition : Satan parlant au nom de Dieu. Mais cela n’est qu’une période, à subir certes, mais qui peu-à-peu s’estompera même si cela prendra tout pour comme le christianisme trois siècles !

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Du Juste malheureux et de l'Injuste heureux

Publié le par Philippe Le Bihan

   Beaucoup disent que si Dieu existait il n’y aurait pas de malheureux, pas de guerres, pas de famines, bref que tout le monde serait heureux.

   Si je pars de ce point ce n’est pas pour tenter de « prouver » l’existence de Dieu, ou sa non-existence, mais bien pour philosopher à propos du malheur et du bonheur. Et je commencerai par noter que s’il n’y avait pas de malheur et bien nous ne nous rendrions point compte des moments où nous vivons le bonheur.

   « À quoi sert la pluie ? », à tout le moins en ville où il n’y a pas de nature à nourrir d’eau. « À ce que nous soyons heureux quand il y a du soleil » !

   À quoi, ou à qui, imputer le malheur ou le mal ? Les religions abrahamiques personnifient le Mal et lui donnent des noms : Satan, le Diable, le(s) démon(s), Iblis, etc. Néanmoins nous savons qu’il n’y a qu’un Créateur et un seul ; donc si le Mal existe c’est bien par la volonté du Créateur et de nul autre.

   Et là se découvre l’utilité première du malheur, du mal, de l’injustice. S’il n’y avait le mal, s’il n’y avait des malheureux, s’il n’y avait des injustices qui donc sur Terre espérerait en une Vie après la mort ? C’est-à-dire qu’il n’y aurait de religions, il n’y aurait personne pour croire en un Créateur, quel que soit le nom qu’on lui donne.

   Il y a une phrase emplie de sagesse et qui fait dire à Dieu : « Je me cache, mais ils ne Me cherchent pas » ! L’utilité religieuse du malheur, du mal et de l’injustice réside donc en le fait que cela nous fait chercher Dieu. Il n’y aurait pas tous ces maux que nous ne nous en préoccuperions point.

   Le malheur appelle le bonheur : nous espérons en une vie après la mort qui soit plus heureuse que celle que nous avons à subir aujourd’hui. Le mal appelle le bien : nous sommes appelés à nous conduire avec droiture. L’injustice appelle la justice : nous espérons que nous serons rétribués chacun après la mort en fonction de notre conduite.

   Cela n’est pas seulement vrai dans les religions abrahamiques. Dans l’hindouisme, pour ne prendre que cet exemple, le cycle des réincarnations est influencé par le poids de mes fautes ou de ma bonté.

   Dès lors la question de savoir pourquoi il y a des justes qui sont malheureux et des injustes qui connaissent le succès et le bonheur se résout en ce que si les justes étaient directement ici-bas récompensés et les injustes « punis », nous n’aurions pas l’idée d’espérer en une rétribution future en fonction de nos mérites.

   Peut-être ce mal, ces malheurs, cette injustice sont-ils un moyen pour Dieu de nous pousser tout naturellement à le chercher et à espérer en ce que nous espérons.

 

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