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De la lecture en diagonale...

Publié le par Philippe Le Bihan

Je me suis toujours insurgé et m’insurgerai toujours contre la lecture en diagonale. Vous savez, cette méthode de lecture qu’on apprend à l’entrée en Université et qui est censée vous faire gagner du temps dans vos lourdes études ?

Méthode qui, après les études, est devenue une habitude qu’on finira par appliquer au quotidien. Tels ces moyens et hauts fonctionnaires d’administration, de cabinets, d’université. Ah oui, parce que toi, con d’étudiant, tu croyais vraiment que le professeur qui t’a donné une note a lu en entier ton travail de fin d’études, ta thèse de deux à trois cent pages fois la centaine d’étudiants dont il doit évaluer le travail ? Bien sûr que non, il a pratiqué cette mystérieuse « lecture en diagonale », c’est-à-dire finalement qu’il n’a lu que 10 à 15% (dans le meilleur des cas) de ton travail.

Alors, quand il s’agit d’un travail extrêmement dilué par moult citations, références, considérations hors sujet, à la limite ça peut ne pas vraiment nuire à la compréhension globale de l’essai. Mais je me rappelle d’un exercice pratiqué en année avant le BAC en cours de français. Il s’agissait de résumer un roman en dix lignes, puis en de moins en moins de lignes, jusqu’à une seule ligne. À cet exercice je me suis ramassé un dix sur dix !

Bref cela explique peut-être pourquoi mes essais vendus sur Amazon à ma page auteur https://www.amazon.fr/-/e/B00JB48AOY ne dépassent pas les 15 pages (ce qui au prix de 0,99 € est honnête pour quatre minutes au minimum de lecture ; c’est le standard iTunes pour la musique).

Ce que je veux dire ? Vous imaginez un étudiant exécutant son travail de fin d’études sans y placer d’anecdotes certes piquantes mais non essentielles, n’y plaçant que des contextualisations importantes à l’illustration des arguments, bref n’y plaçant que le strict nécessaire. Si son con de prof lit en diagonale, comme il en a tant l’habitude, cela signifie que seul 10 à 15% du texte sera lu, donc que 85 à 90% des contextualisations et des arguments, voire même de la conclusion et de la logique qui y a menée, seront totalement perdus, non lus.

Un bon travail est un travail qu’on ne saurait lire en diagonale, car il ne contient que de l’essentiel. Et malheureusement un tel travail sera mal noté, justement à cause de la lecture en diagonale qui fait perdre au fonctionnaire professeur 85 à 90% du contenu et lui fera noter en rouge : « votre travail manque d’arguments, il n’a ni début ni conclusion ! »

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