Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Transsexualité

Publié le par Philippe Le Bihan

   Avant de me reprocher un éventuel « sexisme », la morale bien-pensante empêchant visiblement de ne fut-ce que penser raisonnablement certains sujets, je demanderai aux senseurs se réclamant de la libre-pensée de bien vouloir lire et lire jusqu’au bout.

   Je m’attacherai donc dans ce sujet à penser la transsexualité. Premièrement en notant que le terme de transsexuel, mis au masculin comme au féminin, désigne de manière communément admise un sens allant de l’homme vers la femme. Lorsque l’on parle du sens de la femme vers l’homme on se sent obligé de le préciser. C’est qu’effectivement la très forte majorité des transsexuels sont des hommes devenant femmes. C’est cette transsexualité bien précise que je vais tenter d’analyser.

   Pour ma part et après mûres réflexions, il ne s’agit nullement d’un acte de transgression mais bien plutôt d’un acte relevant d’un flux allant de l’inconscient vers le conscient en passant, comme il se doit, par le subconscient. Analyse freudienne vous allez me dire. Oui et non. Si j’aime à retenir de Freud ses deux topiques (ça-moi-surmoi et inconscient-subconscient-conscient) qui lui font dire avec une raison chaque jour prouvée que « la pensée n’est pas maître en sa demeure », je pense personnellement que la méthode psychanalytique ne peut sauver que les bien-portants qui se croient malades (ou jouent à être malades).

   Il y a néanmoins une chose à retenir de la psychanalyse : c’est la notion de transfert. Freud ne l’imaginait que dans un seul sens ; du moi vers l’autre. Or force est de constater que ce transfert s’opère également et surtout de l’autre vers moi.

   Ainsi en est-il dans tous les mouvements religieux extrémistes. Chez les évangélistes ce sera de Jésus vers moi, jusqu’à se faire crucifier comme cela se passe aux Philippines et d’autres pays asiatiques. Chez les islamistes ce sera l’identification au Prophète, donc du Prophète vers moi me légitimant en tant qu’héritier du porte-parole divin donc comme étant moi-même porte-parole divin, c’est-à-dire Calife.

   Il peut sembler osé de comparer la transsexualité avec une forme d’extrémisme religieux, pourtant à y regarder de plus près les mécanismes mis en œuvre sont identiques ; ou à tout le moins pourraient peut-être l’être.

   Le transsexuel est quelqu’un qui admire au plus haut point les femmes. En fait un objet de perfection, une entité quasi-divine dans sa quête du Graal : l’atteindre. Ayant dit cela je n’ai pas dit que le transsexuel veut être femme, mais bien qu’il veut atteindre la femme. Ce qui est nettement différent.

   Comme l’affirment les doctrines anciennes atteindre la complétude consiste à réaliser l’union d’un homme avec une femme, ceux-ci étant entendus comme deux sujets propres et distincts. Pour une raison qui différera chez chacun, le transsexuel est dans l’incapacité de réaliser cette union au travers de la sujette distincte « femme », il ne lui reste donc qu’une seule solution pour atteindre la complétude de l’âme : être à la fois homme et femme.

   Et comme dans tout mouvement extrême, comme vu plus haut avec les religions, être à la fois, être dans l’union des deux, ne suffit pas : il faut être tout court. Ce que les extrémistes religieux recherchent n’est pas l’union avec Dieu ou Jésus ou le Prophète mais bien à être Dieu, Jésus ou le Prophète. Identiquement, ce que le transsexuel recherche n’est pas l’union avec la femme, même si c’est le point de départ de sa démarche, mais à être femme. Être femme pour qui ? D’abord pour lui-même.

   En ce sens la transsexualité est clairement à différencier de l’homosexualité. Elle part d’un manque, manque d’une femme lui permettant de réaliser l’union sacrée. Donc il décide qu’il sera cette femme.

   Mais parlons un peu des problèmes liés à la transformation d’un corps d’homme vers un corps de femme (donc de la transsexualité vraie et non du simple transformisme), commençant par la prise d’hormones féminines et se terminant parfois par la table d’opération.

   On note une bien plus forte proportion de suicides chez les transsexuels que dans le reste de la population. Pourquoi ? Écartons un instant toutes les théories sociologiques pour ne nous attacher qu’à des évidences.

   Le plus souvent la première expérience sexuelle est solitaire. Qu’elle soit le fruit d’une masturbation ou le fruit d’une éjaculation nocturne due à un rêve érotique. C’est la révélation toute simple que ce bout de pénis, ou de clitoris pour les femmes, est un membre seul capable de nous fournir une dose de plaisir comblé.

   La répétition ou la recherche de répétition de ce plaisir, qui s’opère toujours alors en solitaire, est source de moult fantasmes. Cela dit un fantasme n’est pas directement signifiant, ni forcément désiré dans la réalité. Ainsi une femme peut très bien se masturber en imaginant être « prise comme une chienne », alors qu’en vérité cela lui déplairait très fortement et qu’elle n’aspire qu’à des relations affectueuses.

   De même un homme qui se masturberait en pensant ou en s’identifiant être une femme ne veut absolument pas dire qu’il est homosexuel, mais simplement qu’il a assimilé que la prochaine étape de ce plaisir solitaire sera partagé avec une femme, ne sera plus donné par sa main mais bien par la chair d’une femme.

   Bizarrement ce sont souvent les psychologues et les sexologues eux-mêmes qui opèrent des raccourcis trompeurs en prenant pour réalité un fantasme qui n’est somme toute que le fruit de la traduction dans le conscient de ce qui se passe au niveau inconscient.

   Quoi qu’il en soit, qu’on soit d’accord ou non sur cette explication des fantasmes masturbatoires, on est bien obligé de reconnaître que tout le monde passe par la pratique de la masturbation ou à tout le moins du plaisir solitaire même s’il n’est pas provoqué. Donc que le siège du plaisir ultime, le but de l’union homme-femme, se trouve dans le pénis chez les uns et dans le clitoris ou le vagin chez les autres.

   Or que se passe-t-il lorsque je commence ma transformation transsexuelle, d’abord par l’étape des hormones féminines ? Certes peu à peu je deviens femme. Mais le plaisir que cela me procurait en imagination auparavant quand je n’étais pas encore dans le chemin de la transsexualité, et bien ce plaisir a disparu ou plutôt s’atténue de jour en jour à la prise de mes hormones, jusqu’à disparaître et ce définitivement si je passe sur la table d’opération.

   Donc même si j’ai réalisé ma quête du féminin sacré, cela ne me procure plus aucune satisfaction ; ce qui justement était recherché.

   Je me contenterai de dire aux transsexuels qu’ils soient de hommes vers femmes ou de femmes vers hommes d’éviter l’ultime étape opératoire sachant que cela va littéralement les couper du membre moteur du plaisir mais aussi des fantasmes.

Commenter cet article